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Un proche de Sassou Nguesso au coeur d'un dossier visé par l'enquête italienne sur Eni
information fournie par Reuters 11/10/2019 à 12:37

    par Joe Bavier, Emilio Parodi et Stephen Jewkes
    JOHANNESBURG/MILAN, 11 octobre (Reuters) - Un conseiller du
président de la République du Congo a joué un rôle crucial dans
l'attribution au groupe Eni  ENI.MI  de licences pétrolières au
coeur de l'enquête pour corruption présumée des autorités
italiennes qui éclabousse le géant italien ainsi que la famille
de son administrateur délégué. 
    Cette enquête, qui porte sur des accords signés entre 2013
et 2015 par la filiale congolaise d'Eni et ses partenaires
locaux, vise à déterminer si certains contrats ont été entachés
de corruption.
    D'après des documents officiels consultés par Reuters, Denis
Gokana, conseiller spécial du président Denis Sassou Nguesso sur
les ressources naturelles, était à la tête du comité qui a
attribué des licences au groupe italien Eni ainsi qu'à son
partenaire local - la société Africa Oil & Gas Corporation
(AOGC), qu'il avait fondée. 
    Denis Gokana, qui a confirmé par courriel avoir dirigé ce
comité, dément toute malversation. Il explique qu'AOGC était la
seule entreprise congolaise disposant des capacités techniques
et financières suffisantes pour appuyer Eni.
    Il précise également avoir cédé toute ses parts dans AOGC
après sa nomination en janvier 2005 à la tête de la Société
nationale des pétroles du Congo (SNPC) mais les enquêteurs
italiens estiment qu'il avait conservé des "liens très forts"
avec AOGC.    
    Eni dément également toute fraude et précise ne pas avoir eu
voix au chapitre dans l'attribution de licences ni dans le choix
par le gouvernement de son partenaire local. 
    Il s'agit de la première révélation publique concernant
l'implication potentielle d'un responsable congolais dans les
transactions au coeur de l'enquête italienne.
    Le rôle de Denis Gokana dans la réattribution de ces
licences a été identifié par l'organisation non gouvernementale
(ONG) anti-corruption Global Witness, qui a fait part de ses
conclusions à Reuters. 
    Selon Eni et une source proche de l'enquête, Claudio
Descalzi, administrateur délégué du groupe italien depuis 2014,
n'est pas visé par l'enquête pour corruption présumée dans les
contrats congolais du groupe pétrolier. 
    Claudio Descalzi et son épouse Marie Magdalena Ingoba font
cependant l'objet d'une enquête distincte pour manquement
présumé à l'obligation de déclarer un conflit d'intérêts lié aux
transactions de la filiale congolaise d'Eni. 
    Aucune charge n'a été retenue contre eux dans ces deux
enquêtes. 
    Claudio Descalzi, dont le renouvellement à la tête d'Eni
sera discuté au printemps prochain par les actionnaires du
groupe, a contesté tout manquement dans une réponse écrite à
Reuters. 
    "Si j'avais eu connaissance de la moindre situation
potentielle de ce type, je l'aurais simplement mentionnée",
a-t-il dit. 
    Il a également renvoyé à un communiqué diffusé par Eni le
mois dernier dans lequel il se déclarait notamment "totalement
certain d'avoir toujours agi conformément à la loi."

 (Myriam Rivet pour le service français, édité par Jean-Michel
Bélot)
 

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